04 février 2009

JUDAS ISCARIOT - To Embrace the Corpses Bleeding

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La pluie salvatrice ouvre ce dernier album de feu JUDAS ISCARIOT, univers musical black metallique de son auteur culte, Andrew Harris... Une pluie qui nettoie, qui débarrasse. « On va vous nettoyer au Kärcher tout ça »... ''To Embrace the Corpses Bleeding''. Un dernier disque pour la gloire et pour bon nombre d'auditeurs, son meilleur. Certainement parce que la batterie est tenue ici par un véritable batteur, certainement parce que la production ne bave pas trop, certainement parce que le tempo est soutenu et que c'est un peu plus agressif que sur les œuvres passées ? Certainement. Car l'âme intègre de son auteur n'a pas beaucoup bougée d'un seul iota au cours des dix années de son existence. Ses tortures, ses visions apocalyptiques, son jeu de corde si caractéristique est toujours le même. Pour JUDAS ISCARIOT, l'étasunien, on peut véritablement parlé d'Œuvre en ce qui concerne ses productions.
 
''To Embrace the Corpses Bleeding'' sonne donc le glas, après une série de cinq albums à la qualité allant crescendo, la maîtrise instrumentale de l'élitiste musicien progressant au fil des années, et la retranscription de ses idées allant forcément avec, il ne pouvait que s'améliorer. En quelque sorte, même si mes préférences vont d'abord à ''Heaven in Flames'' et à l'E.P ''Dethroned, Conquered and Forgotten'', ''To Embrace the Corpses Bleeding'' peut être considéré comme l'achèvement, le CHEF-d'Œuvre de JUDAS ISCARIOT, ce qu'avait certainement compris Harris. Les maniacs du combo de DeKalb, Illinois n'ont donc pas été vraiment surpris lors de la découverte de ce dernier long format. Sauf pour la batterie bien entendu, où le blast prend toute sa place, mémorablement saccadé par un généralissime jeu de cymbale de la part du batteur session. Un blast qui n'envahit toutefois pas les oreilles, la production étant savamment dosée.
 
Sorti chez les excellents labels Red Stream Records (CD) et No Colours (vynil), ''To Embrace the Corpses Bleeding'' en impose de partout. Le full-length est foutrement brutal, tout en tension, maléfique – les riffs d'Akhenaten/Harris sont agressifs et déprimants par nature – avec une batterie qui ne cesse de bourriner, avec bon sens d'ailleurs. La batterie n'avait jamais été son fort, il se fait ici aider par un pote. Quant aux riffs, comme je l'ai dit, ils sont ce qu'ils sont, ce qu'IL est, avec ceci qu'Harris a le don de la "mélodie", du truc qui vous retient par le col pour vous désigner où est l'Enfer et qui vous fait dire aussitôt : "Putain c'est trop bon". Du Judas Iscariot, j'en boufferais tous les jours, tant c'est bon. Pour aller de pair, la prod' encore grésillante est tout de même bien plus puissante qu'auparavant – on pensera à la minimale et froide prod' d' ''Heaven in Flames'' par exemple – et les titres sont plus facilement mémorisables, taillés sur pièce pour la scène. J'imagine comme le premier titre, ''I Awoke to A Night of Pain and Carnage'', épique, tragique et dévastateur – j'attends de voir quel groupe aujourd'hui le reprendra sur scène – doit tout massacrer sur scène... Tout comme ''With Lust and Murder For Our Drink''.
 
Avec ses samples d'orage en début d'album, Harris nous plonge dans la tempête, dans les ténèbres et l'horreur – un univers où il règne encore, seul sur son trône... Un délice, à l'image du reste. Les autres titres ? Ce sont sont tous des tubes, inoubliables : comme dans chacun de ses rejetons d'ailleurs, Harris en tant que Nietzschéen revendiqué et qu'artiste perfectionniste, n'a gardé que le nectar de son travail, quasi irréprochable, pour terminer une aventure que l'on regrettera amèrement. Exemplaire. Indispensable. Imparable.

Posté par oncleGUUDrath à 07:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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